Le Sentier Transcanadien de Naomie : comment s’habiller pour profiter du Sentier au printemps
Une saison de transitions… et d’imprévus
Écrit par Naomie Veillette
Mars, avril et même mai sont des mois pendant lesquels on se sent parfois « entre deux mondes ». On peut vivre de la neige ou de la glace le matin, de la boue en après-midi et des vents froids en forêt ou en montagne. Le défi? Rester confortable malgré les changements rapides. Au printemps, l’habillement joue un rôle important pour une sortie réussie sur les sentiers. On doit aussi prendre en considération la nature, le dégel et notre attitude. Le printemps nous demande parfois de ralentir l’intensité de nos aventures et penser davantage au plaisir de découvrir.
La clé : le système multicouche

Crédit photo: Naomie Veillette
C’est le système qu’on utilise toute l’année, et c’est toujours bon de s’en souvenir! Comme la température au printemps est instable et qu’il y a un très grand écart entre le matin, l’après-midi et la soirée, c’est encore plus important d’être bien préparé. Il faut donc prévoir autant pour les parents que pour les enfants lorsqu’on part à l’aventure sur le sentier.
On commence par la première couche, celle collée sur le corps. On veut une matière qui respire et qui évacue l’humidité, comme la laine de mérinos ou une fibre synthétique. Cette couche permet de garder la chaleur de notre corps, mais d’évacuer l’humidité causée par l’effort ou la température extérieure. Un corps qui reste au sec, c’est un corps plus confortable et plus au chaud!
La deuxième couche, ou couche intermédiaire, sert à apporter de la chaleur au corps en cas de besoin. On peut utiliser, par exemple, une veste polaire ou une doudoune légère. Cette couche nous gardera au chaud lors des journées plus fraiches, le matin et le soir.
La dernière couche, et non la moindre, est la couche externe, qui permet de nous protéger des intempéries! Ça peut être un coupe-vent ou un imperméable, mais c’est ce qui nous gardera au sec s’il pleut ou s’il neige, et nous protègera du vent, qui est encore très froid au printemps.
N’oubliez pas qu’un coupe-vent n’est pas nécessairement imperméable si le plan est de jouer dans la boue et dans l’eau, donc vérifiez bien lors de l’achat et en fonction de vos besoins.
Personnellement, pour mes enfants entre 0 et 2 ans, je priorise une combinaison imperméable en une pièce. Je trouve que ça les garde beaucoup plus au chaud et leur permet de jouer par terre et rester secs et propres. À partir de 3 ans, je prends un manteau imperméable en plus d’un pantalon imperméable, afin qu’ils puissent continuer à s’amuser sans se soucier des trous d’eau et de la boue.
L’idée c’est de varier les couches au fil de la journée. Par exemple, le matin, nous aurons probablement les trois couches superposées. Quand la température monte dans la journée, il suffit d’enlever la deuxième couche pour avoir un peu moins chaud, mais rester au sec.
Ne pas oublier les extrémités!

Crédit photo : Naomie Veillette
Tous les parents ont déjà vécu une situation où leur enfant voulait absolument sauter dans les trous d’eau, suivie de pleurs parce que ses pieds étaient mouillés.
Avec la neige mouillante et la boue, les pieds deviennent mouillés rapidement. De là l’importance des bottes de pluie imperméables pour s’amuser ou des chaussures de randonnées résistantes à l’eau lorsqu’on va en sentier. Je ne recommande pas les bottes de pluie en randonnée parce qu’elles n’offrent pas un bon soutien pour les pieds et les chevilles. Je conseille également d’éviter les bas en coton, car ils sèchent très lentement et gardent l’humidité. L’idéal c’est un bas, comme la couche de base, en laine de mérinos ou en fibre synthétique.
Astuce terrain de maman : apporter une paire de bas de rechange lors de toutes vos aventures (même les plus petites).
Deux autres trucs qui fonctionnent bien :
- Si vous faites une longue randonnée avec dodo en refuge ou en tente, apportez du papier journal. Ensuite, pendant la nuit ou lors des pauses, insérez-en dans les bottes et les souliers, il absorbera beaucoup d’humidité.
- Apportez des sacs de plastique pour mettre autour des pieds de votre enfant pour les garder au sec si les bottes ne sèchent pas.
N’oubliez pas d’apporter des gants et une tuque parce qu’au printemps, on n’est jamais à l’abri du vent qui se lève ou du soleil qui se cache! Le corps se refroidit vite par les extrémités, alors il ne faut surtout pas les négliger.
S’adapter pour mieux profiter

Crédit photo : Naomie Veillette
Le printemps est une saison magique sur les sentiers! La nature se réveille, les températures sont moins froides et nous donne envie de ralentir. Je vous conseille de vérifier souvent les mains et les pieds de votre enfant et de ne pas hésiter à enlever ou remettre des couches au besoin. C’est un moment où j’apporte plus de vêtements : bas, mitaines, sac pour vêtements mouillés et couches supplémentaires. Vous pouvez en profiter pour apporter une boisson chaude ou une bonne soupe réconfortante dans un thermos. N’oubliez pas d’apporter un maximum de collations, évidemment!
C’est aussi le parfait moment pour introduire les jeux et missions spéciales. On peut observer les bourgeons, les fleurs et les feuilles qui poussent, et même trouver des trésors! Demander à votre enfant ce qu’il ou elle voit ou entend permet aussi de stimuler son intérêt pour les aventures. On en profite aussi pour faire des devinettes, jouer au superhéros sur le sentier et trouver des façons de s’amuser selon les intérêts et l’âge des enfants.
Entre neige et boue, chaque sortie devient une aventure. Surtout quand on est bien équipé pour en profiter pleinement.
Naomie Veillette est une entrepreneure, éducatrice spécialisée, monitrice de portage et accompagnante à la naissance. Elle œuvre pour inspirer les femmes à vivre leur maternité librement et à réaliser leurs ambitions. Maman de deux jeunes garçons, elle poursuit sa passion pour la randonnée en montagne, qu’elle partage avec eux. Ensemble, ils ont déjà gravi plus de 200 sommets dans quatre pays.

Crédit photo : Naomie Veillette
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À propos du Sentier Transcanadien
Le Sentier Transcanadien s’étend sur près de 30 000 kilomètres et traverse toutes les provinces et tous les territoires, et est géré à l’échelle locale par des groupes communautaires et de sentier. En tant qu’organisme de bienfaisance, Sentier Transcanadien est l’intendant de ce réseau de sentier et en défend les intérêts afin de veiller à ce que tout le monde puisse profiter de la nature et de ses bienfaits. Nous soutenons des projets communautaires grâce au Fonds catalyseur du Sentier et nous partageons des connaissances fiables sur les sentiers par l’entremise de Pôle d’excellence des sentiers.
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Crédit photo principale : Naomie Veillette
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