3 novembre 2026

Le Sentier Transcanadien de Mary : un « camino » canadien

Two women smiling at the camera. One is wearing sunglasses.

Nanaimo à Victoria le long du Sentier

Rédigé par Mary Charleson (traduit de l’anglais)

Avant de partir à l’aube pour prendre un traversier à 6 h 15, mon fils nous a conduites au terminal Horseshoe Bay. Nous portions des sacs de 20 livres remplis de provisions pour le camping, de cartes de sentiers, de bâtons de randonnée et d’enthousiasme, que seule une touche de naïveté pouvait alimenter. Nous avons planifié six journées sur le Sentier Transcanadien entre Nanaimo et Victoria. J’ai planifié un parcours de plus de 120 kilomètres sur l’Île de Vancouver, le « camino canadien », qui nous mènera au km 0 à Victoria. C’est une idée qui a germé à l’automne dernier, alors qu’une blessure a mis un terme à nos projets de camino espagnol en couple. Heureusement, ma fille a dit oui à cette aventure, étant donné que ça deviendrait aussi un voyage pour honorer le rêve de ma mère de faire une randonnée de plusieurs jours sur le Sentier Transcanadien avec sa fille. Nous avons donc glissé dans nos bagages la broche « Sentier Transcanadien 2000 », que ma mère, une des premières partisantes du Sentier, tenait tant à cœur, et que nous avons accompagnée d’un talisman porte-bonheur.  

Two women smiling at the camera. One is wearing an orange baseball camp and blue shirt. The second is wearing a tilley hat and a dark red shirt. Both are standing on a trestle bridge.

Crédit photo : Mary Charleson

Une aventure de la Grande rando canadienne

C’est un objectif ambitieux de relier le Canada d’un océan aux deux autres par l’intermédiaire d’un réseau de sentiers à travers six fuseaux horaires. Quoi de plus approprié pour soutenir le Sentier Transcanadien que de participer à la Grande rando canadienne en septembre? 

Nous avons randonné pendant six jours, nous laissant le septième matin pour se rendre à la cathédrale Christ Church et terminer notre pèlerinage. Le délai serré nous a obligés à contourner une partie du Sentier du lac Cowichan. Toutefois, nous avons pu visiter les fermes et les vignobles isolés de la région. 

Notre destination à l’extérieur de Nanaimo était Saltair, où nous avons campé en dehors du Sentier en région agricole. Le Sentier Transcanadien, un mélange de sentiers régionaux et de routes secondaires à travers les villages dans cette région nordique, nous a menées à travers Cassidy et Ladysmith le long du sentier du district régional de Nanaimo et du sentier de la vallée de Cowichan. Pour sauver du temps, au sud de Nanaimo, nous avons pris un lift à Cassidy pour rejoindre le sentier, au lieu de marcher le lien de contournement provisoire de la rivière Nanaimo. 

Crédit photo : Mary Charleson

Des célèbres murales de Chemainus à Duncan 

À la fin de la deuxième journée, nous avions marché 50 kilomètres sur un terrain essentiellement plat du sentier de la vallée de Cowichan et des routes secondaires tranquilles à travers des villages et des régions agricoles. Nous avons arrêté à des étals de fruits et légumes au bord de la route et cueilli des pommes en chemin. Notre périple nous a menés à travers Chemainus, une ville connue pour ses murales qui marquent l’histoire de la Colombie-Britannique, dont le plus récent dévoilement, qui rend hommage aux 300 personnes d’origine japonaise envoyées dans des camps d’internement en 1942. À la fin de la journée, nous sommes arrivées au sud de Duncan, pour un séjour à Keating Farm. Le lit et les chambres luxueuses à The Granary surplombant la vallée de Cowichan étaient une alternative bienvenue à notre tente et à nos matelas en mousse. 

A farm building and red truck

Crédit photo : Mary Charleson

Conversations mère-fille, rires et souvenirs 

Il y avait un rythme à nos journées passées à marcher, à manger et à dormir. Les petites discussions matinales nous donnaient une cadence d’un pas après l’autre, perdues dans nos réflexions personnelles en milieu d’après-midi. À 17h, nos pieds n’en pouvaient plus, et il leur fallait de la musique pour remédier à la situation. S’inséraient des conversations mère-fille, des rires et des souvenirs que je chérirai à tout jamais. 

Nous avons fait un autre 24 kilomètres à la troisième journée le long du sentier de la vallée de Cowichan, à profiter des feuilles d’automne et des terres agricoles en mode récolte. En traversant l’historique pont incurvé sur chevalets Kinsol, l’un des plus hauts ponts du genre au monde, fut un point fort. Cette nuit-là, nous avons campé tout près du sentier, pas loin du lac Shawnigan, ce qui nous a permis de prendre le déjeuner et d’aller nager le lendemain matin au parc, situé juste en contrebas du Sentier Transcanadien.

A large wooden trestle bridge called the Kinsol Trestle

Crédit photo : Mary Charleson

Des montées plus abruptes au-dessus du Malahat 

Au quatrième jour, nos corps s’étaient habitués à porter des sacs à dos de 20 livres. Malgré les soins méticuleux de nos pieds, nous avions toutes les deux une ampoule. Par conséquent, nous avons dû faire preuve de plus de volonté sur les pentes les plus difficiles du col Malahat, en traversant les forêts denses de pins le long du sentier du parc régional Sooke Hills Wilderness. Nous avons couvert 18 km, du lac Shawnigan au parc régional Wrigglesworth Lake. Les paysages apaisants de la forêt et de l’embouchure de l’océan ont certainement contribué à stimuler les pas.  

Notre destination après cinq jours était le parc provincial Goldstream, mais en avance sur le calendrier, nous avons été au parc régional Thetis Lake, ce qui nous a permis de parcourir une distance plus courte pour rejoindre Victoria le lendemain. Le sentier régional Galloping Goose, qui traverse Victoria, est un magnifique tronçon urbain du Sentier Transcanadien. À la fin de la sixième journée, nous avons enregistré 120 km. Le kilomètre zéro au parc Beacon Hill a été une fin émouvante. Cette folle idée de créer notre propre camino canadien de Nanaimo à Victoria le long du Sentier Transcanadien était finie. Dans la foulée, on prend conscience que c’est la somme de nombreux petits pas qui permet d’avancer vers un objectif plus ambitieux. Cela peut servir de belle métaphore dans la vie quotidienne.  

Laissant de côté la tente, nous sommes restés à l’Hotel Grand Pacific Victoria pendant notre dernière nuit et nous nous sommes offert une séance chez Aerth Sauna pour profiter d’un repos bien mérité. 

A trail sign reading Galloping Goose Regional Trail, E&N Rail Tral, Trans Canada Trail. On the right of the image, a person is walking their dog on a paved trail.

Crédit photo : Mary Charleson

Conversations amicales et cadeaux d’encouragement 

Tout comme son homologue européen, notre camino canadien passait le long de routes, de sentiers et de villages, qui a offert une occasion d’interagir avec les locaux. Chaque jour, nous rencontrions des Canadiens, comme Cathy, Beverly et Betty, qui promenaient Charlie le long du Sentier à Chemainus. Mark et ses invités du Nouveau-Brunswick ont longuement discuté avec nous près du pont Kinsol, puis nous ont offert une livre de chocolat noir pour nous donner de l’énergie pour la suite du voyage. Walter, un ancien ingénieur forestier, a pris une pause de sa promenade pour nous faire découvrir l’histoire de la voie ferrée à l’origine de la création du Sentier Transcanadien. 

Avons-nous rencontré des ours? Heureusement, non, mais j’accorde cela à la suspension de notre nourriture pendant le camping, la cloche et le vaporisateur à ours, et l’épingle de sentier porte-bonheur de ma mère pour les tenir à distance. Par contre, nous avons vu un panneau signalant la présence de pumas le long du sentier de la vallée de Cowichan, alors c’est important de noter que le Sentier comprend des zones de nature sauvage.   

A camping mug with the Trans Canada Trail log sitting on a picnic bench

Crédit photo : Mary Charleson

La joie du tourisme durable sur le Sentier 

On dit que « le camino pourvoit », qu’il vous offre ce dont vous avez besoin plutôt que ce que vous aviez prévu. Lorsque nous étions inquiètes de ne pas avoir suffisamment d’eau, nous avons trouvé une bouteille pleine au bord du sentier. Plus tard, nous avons découvert une bouteille oubliée au lac Shawnigan, que nous avons pu remplir. Et quand nous n’étions pas certaines de nous rendre au lac Wigglesworth, Peter et Rhonda sont revenus sur leurs pas en vélos électriques après nous avoir jasé et nous ont offert leur eau.  

La véritable joie de cette aventure était le ralentourisme. Marcher sur le sentier nous a permis de voir des détails souvent qui échappent aux gens en voiture : le stand de légumes, le cimetière oublié, les locaux qui n’attendaient qu’une conversation. Nanaimo à Victoria est un trajet familier de 90 minutes en auto. Après avoir marché sur le Sentier Transcanadien pendant six jours, ce trajet s’est transformé en une expérience entièrement nouvelle.  

Qui aurait pensé que marcher huit à dix heures par jour pourrait rendre confortable le fait de dormir dix heures sur deux centimètres de mousse?  

Two people standing next to a Mile 0, Victoria BC sign with their hands up in victory.

Crédit photo : Mary Charleson

Mary Charleson est une journaliste de voyage et la fondatrice de Carryonqueen.com, un site qui lui permet de partager son inspiration en matière d’articles sur les voyages d’aventure pour les personnes de plus de 50 ans. Retrouvez-la sur Facebook, LinkedIn et YouTube, ou abonnez-vous à son infolettre mensuelle. 

À propos du Sentier Transcanadien 

Le Sentier Transcanadien est le plus long réseau de sentiers multiusages du monde et il ne cesse de croître. Il traverse l’ensemble des provinces et des territoires, et rejoint les trois côtes du Canada. Chaque tronçon du Sentier Transcanadien est géré à l’échelle locale, et soutient des activités et des besoins communautaires différents. Faites un don aujourd’hui pour contribuer à l’amélioration et au maintien du Sentier pour les générations à venir. 

Crédit photo principale : Mary Charleson