5 novembre 2025

Le Sentier Transcanadien de William : une balade dans le vent

Écrit par William Marcinko 

De bout, au bord de la falaise de Signal Hill à Terre-Neuve, le vent salin s’engouffre dans mon manteau, ma poitrine se remplit de l’air de l’Atlantique et mon cœur bat encore au rythme de la dernière montée. Je venais juste de finir le sentier North Head, un chemin sinueux et accidenté, taillé dans les falaises au bord de l’océan. J’avais lu que ce sentier pouvait parfois être difficile, mais que la vue en valait la peine, et il n’y avait rien de plus vrai. 

Je viens de loin 

Je suis un étudiant de deuxième année à l’université, et cet été, pour les vacances, j’avais l’intention de me reposer. Mais j’ai senti l’appel de Terre-Neuve : les côtes sauvages, les rochers vieux comme le monde, le brouillard qui s’installe discrètement. Et aujourd’hui, j’ai échangé ma routine matinale paisible contre une paire de bottes et une journée à m’érafler les genoux sur des roches plus vieilles que je ne pouvais l’imaginer. 

Le sentier serpentait entre des affleurements escarpés, où les vagues éclataient comme des applaudissements. Des macareux se laissaient transporter par les rafales et, au loin, j’apercevais des kayakistes, tels des allumettes flottant dans l’ancre. Chaque tournant m’offrait un ciel plus vaste et une respiration plus profonde. J’ai rencontré seulement quelques personnes sur le sentier, des gens de la place avec leur sourire complice et des touristes, comme moi, qui s’émerveillaient à chaque détour. 

Un peu plus courageux, un peu plus sûr 

Crédit photo : William Marcinko

J’ai pris une pause près d’un point de vue, le vent rugissait dans mes oreilles. Je me suis assis sur un banc, usé par le temps et les intempéries, pour manger une barre granola écrasée et regarder la mer respirer. C’est à cet exact moment que j’ai réalisé que ce n’était pas une simple randonnée. C’était un rappel que je suis petit, oui, mais pas sans importance. Qu’ici, il y a un rythme plus vieux que n’importe quelle salle de classe ou cloche de campus. 

Je suis arrivé à la fin du sentier avec des jambes endolories, mais un esprit apaisé. Ici, le Sentier Transcanadien m’avait offert bien plus que des courbatures aux mollets et une série de photos des spectaculaires paysages côtiers, il m’avait offert un sentiment de clarté. 

De retour en ville, je suis passé devant le panneau de Signal Hill une dernière fois, et j’ai souri. Pas à la plaque historique ni aux touristes qui prenaient des photos, mais au souvenir d’être seul au-dessus de la mer, où je n’avais rien à prouver à personne. Après avoir grimpé et flâné, je suis revenu, un peu plus courageux et un peu plus sûr. Et pour la première fois de l’été, je me sentais exactement là où je devais être. 

William Marcinko est étudiant de troisième année en gestion de l’hôtellerie et du tourisme à la Ted Rogers School of Management de TMU. Retrouvez-le sur Instagram à @william_marcinko

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Crédit photo principale : Jennifer Mahon/Sentier Transcanadien