23 mars 2026

Le Sentier Transcanadien de Kevin : ce qui se cache dans la forêt en hiver

man standing on snowshoes posing on a snowy day in forest

Écrit par Kevin Wagar 

Ma fête est en février. Comme je n’aime pas vraiment les célébrations, c’est une raison de plus de trouver le mois le plus solitaire de l’année encore plus dur. Février est le genre de mois où tout semble un peu plus lourd que d’habitude. J’ai toujours l’impression que le café ne fait pas tout à fait effet. L’idée de passer une autre journée à lire des courriels en février semble être une autre façon d’avoir un coup de blues de l’hiver. 

Un de ces matins, j’ai pris la seule décision raisonnable qui se présentait à moi. Je me suis rendu à Uxbridge. 

Personne ne vient vous sauver de février 

La forêt de Durham se moque de vos problèmes. Et c’est exactement le but. 

Le Sentier Transcanadien se faufile paisiblement sur le réseau de sentiers de la forêt Durham, au nord-est de Toronto. C’est à seulement une heure de la ville si vous êtes déterminé, mais un peu plus long si vous vous arrêtez prendre un café. Ce que vous devriez faire, idéalement dans un café local, comme le Bridge Social à Uxbridge.  

L’été, c’est la capitale du vélo de montagne. C’est un réseau de corridors vallonnés au milieu des conifères, et, les fins de semaine, il se remplit de gens qui aiment dévaler les pentes à toute allure en évitant les racines, les arbres et les roches… pour le plaisir.  

Mais en février, ces gens sont à l’intérieur. Sauf pour les adeptes de vélo à pneus surdimensionnés. Ces personnes merveilleusement têtues qui refusent d’admettre que les vélos et l’hiver sont une contradiction en soi, ainsi que quelques autres qui font de la randonnée ou du ski de fond, mais sinon, la forêt vous appartient. 

J’étais la seule personne dans le stationnement, avec mes raquettes en main. Je me suis senti instantanément plus futé que tous ces gens qui étaient encore pris à leur bureau. 

Dès que j’ai attaché mes raquettes et que j’ai traversé la lisière de la forêt, le bruit de l’autoroute a cessé. Il ne s’est pas estompé, il a cessé. La forêt l’a absorbé et c’était comme s’il n’avait jamais été là. Avec deux jours de neige tombée, les sentiers secondaires étaient encore bien remplis, personne ne les avait tapés avec leurs bottes. L’air avait l’odeur de ce que la forêt en Ontario devrait sentir l’hiver : froid, pur, un léger parfum de pin et sans appel conférence. 

La forêt a mieux à faire que de vous attendre 

Le monde peut sembler paisible et serein l’hiver sur le Sentier Transcanadien, mais, si vous portez attention, vous remarquerez que la forêt est bien remplie, remplie de merveilles naturelles. 

Je me suis arrêté trois fois seulement dans le premier kilomètre. Pas à cause de la fatigue, mais à cause de la simple (et un peu gênante) réalisation que la neige autour de moi était couverte de preuve d’une nuit très occupée : des traces de mésanges dessinaient de petites constellations sur les souches couvertes de neige; les geais bleus s’annonçaient de la cime des arbres avec la subtilité d’une alarme de voiture, outrés par ma présence sur leur territoire; des juncos ardoisés surgissaient des buissons, planaient quelques instants, puis disparaissaient à nouveau – de petits oiseaux à calotte sombre qui se pointent le bout du bec en Ontario, comme si tout leur appartenaient.  

C’est parce que c’est le cas. 

Puis, au loin, le grand pic qui se met en action. 

Si vous n’en avez jamais entendu un, ça sonne un peu comme une personne qui cogne sur une porte de la grandeur d’une grange : grave, intentionnel et persistant. Un son qui porte avec confiance dans l’air froid. Je suis resté là, immobile, pendant une minute complète à scruter la forêt pour trouver la source. Je ne l’ai jamais vu. Je l’ai simplement entendu travailler, constant, prenant son temps, quelque part dans les pins.  

Il se moquait bien de ma présence. Ce que je respecte grandement. 

J’étais arrivé avec l’idée de voir un harfang des neiges. La forêt de Durham se trouve dans son aire de répartition lors des années d’irruption, des périodes pendant lesquelles ces fantômes arctiques se déplacent vers le sud et se laissent parfois apercevoir par des gens comme moi. J’avais entendu des rumeurs d’observations. Je scrutais chaque clairière avec la grande intensité d’une personne qui a passé plusieurs heures à regarder des documentaires de David Attenborough.  

Rien. Le harfang, s’il était là, avait un horaire plus discipliné que moi. 

man standing on snowshoes pointing to forest

Crédit photo : Kevin Wagar

Le moment 

À la moitié de la boucle, le sentier se transformait en une petite crête, et la canopée s’ouvrait. Je me suis arrêté et j’ai levé les yeux. 

Le ciel d’hiver de février était typiquement gris depuis des semaines. Mais là, entre les branches de chêne, on voyait le genre de ciel bleu qui illumine le paysage enneigé. Au-dessus de moi, les branches s’entrecroisaient dans un calme absolu. Aucun vent, aucun son, sauf le  cognement lointain du pic-bois, qui travaillaient encore, toujours complètement indifférent. 

Je suis resté là longtemps. 

Le bruit qui me suivait depuis la maison – il y a toujours un bruit, peu importe comment votre matin commence – s’était estompé et n’était qu’un murmure lointain. Être sur le Sentier Transcanadien n’a pas fait disparaître mes courriels. Ils seraient encore là à mon retour au bureau. Février resterait février. Mais la forêt m’a libéré d’un poids et m’a permis de vivre le moment présent, en nature. Il n’y a pas de place pour ce genre de stress sur le Sentier. 

Ce moment de détente et de silence, c’est la raison pour laquelle le Sentier Transcanadien est important l’hiver. Ce n’est pas un spa ou un défi de remise en forme. C’est juste un endroit qui est , avec ou sans vous. Si vous acceptez d’aller dehors, vous pouvez en faire partie.  

Visitez la forêt Durham, ou tout autre tronçon du Sentier Transcanadien près de Toronto. 

À une heure au nord-est de Toronto, vous trouverez un paysage vallonné avec un vrai dénivelé, des sentiers paisibles qui récompensent les personnes qui osent essayer quelque chose de nouveau, de l’observation d’oiseaux qui dépasse largement les attentes, et un endroit assez loin de la ville pour que le stationnement ne ressemble pas à un centre d’achats un samedi matin. 

Apportez de bonnes bottes, ou des skis, des raquettes ou même un vélo à pneus surdimensionnés si vous avez un. Apportez un thermos. Accordez-vous plus de temps que vous pensez avoir besoin. 

Et si vous voyez un harfang des neiges avant moi, gardez-le pour vous. 

birdseye of forest

Crédit photo : Kevin Wagar

Découvrez plus de sentiers en Ontario et d’expériences en plein air sur notre carte interactive. 

Kevin Wagar est un rédacteur touristique et photographe canadien, et un expert du voyage en famille en Ontario et dans le monde grâce à son site Web wanderingwagars.com. Il est le cofondateur d’Ultimate Ontario et We Explore Canada, ainsi que du site Web de voyage en famille Wandering Wagars – Adventure Family Travel. Kevin partage ses récits sur les routes moins fréquentées, dans les déserts et partout ailleurs pour aider les familles à voyager avec curiosité et confiance, et avec des enfants sous les bras. 

Suivez-le à @Wandering Wagars et @Ultimate Ontario. 

À propos de Sentier Transcanadien 

Le Sentier Transcanadien s’étend sur près de 30 000 kilomètres et traverse toutes les provinces et tous les territoires, et est géré à l’échelle locale par des groupes communautaires et de sentier. En tant qu’organisme de bienfaisance, Sentier Transcanadien est l’intendant de ce réseau de sentiers. Nous soutenons des projets de sentier communautaires par l’entremise du Fonds catalyseur du Sentier et nous partageons des connaissances sur les sentiers par l’entremise du Pôle d’excellence des sentiers  

Crédit photo principale : Kevin Wagar