20 octobre 2025

Le Sentier Transcanadien de Claude : une boucle en Estrie et des dénivelés

people sitting on bikes infront of a store

Écrit par Claude Plante 

Le rendez-vous a été fixé dans le stationnement d’une église dominant ce qu’on appelle « le village de Rock Forest », à Sherbrooke, au Québec. 

Le défi consiste à parcourir à vélo l’une des rares boucles que forme le Sentier Transcanadien dans la province, nommée les Grandes-Fourches. Le trajet fait près d’une soixantaine de kilomètres. 

L’épreuve se situe surtout dans les forts dénivelés que notre petit groupe de cyclistes devra affronter, mais ils seront compensés par des paysages toujours plus exceptionnels les uns que les autres. 

Au fil des kilomètres, nous circulerons dans des hameaux typiquement estriens, plongerons dans un décor digne de la Nouvelle-Angleterre et nous arrêterons dans des attraits touristiques peu communs. 

people biking down a trail in a city

La boucle que forme le Sentier Transcanadien en Estrie est longue d’une soixantaine de kilomètres. Crédit photo : Claude Plante

Sortir l’huile de mollet 

Aller up! On enfourche nos bécanes et on part à la découverte de ce que les Cantons-de-l’Est peuvent nous offrir de mieux. 

Les premiers kilomètres vont jusqu’à la Base de plein air André-Nadeau. La piste cyclable traverse ce centre de loisirs où plusieurs sports (glissade, ski de fond, soccer, course, etc.) sont pratiqués par les Sherbrookois et Sherbrookoises.  

On quitte ensuite la piste cyclable pour la pièce de résistance : le chemin Beaudette. On doit sortir l’huile de mollet sur quelques kilomètres pour se mesurer aux côtes qui nous attendent sans nous faire de quartier. Ici, la route se cabre et nous rappelle qu’en Estrie, rien n’est gratuit. 

Mais l’effort sera payant : les paysages qui se dévoilent commandent qu’on s’arrête, oui pour reprendre son souffle, mais aussi pour contempler les montagnes au loin. 

Après avoir affronté le chemin Beaudette, on arrive à un carrefour routier formant le hameau appelé Minton. À cet endroit, une petite église blanche témoigne du passé loyaliste de la région. Crédit photo : Claude Plante

Un trajet qui raconte l’Histoire 

Ce chemin de gravier peu achalandé nous mène à un carrefour routier formant le hameau appelé Minton. Une petite église blanche témoignant du passé loyaliste de la région se dresse devant notre groupe de cyclistes, au cœur de la municipalité du Canton d’Hatley. Avant l’arrivée des Européens, cette région était peuplée par des peuples Iroquois et des Abénakis (W8banaki), qui chassait et pêchait près de la rivière St-François. 

En continuant à suivre la Route verte numéro 1, on arrive à North Hatley, l’un des plus beaux villages du Québec. Il se démarque par ses boutiques, ses bistros et ses cafés, ainsi que ses églises historiques de différentes confessions. North Hatley se distingue aussi par son parc au bord du charmant lac Massawippi.  

Les touristes voudront aussi profiter des hébergements haut de gamme qu’on y retrouve.  

Ensuite, direction Sherbrooke, la capitale régionale, via l’Axe de la Massawippi. Ce tronçon des Grandes-Fourches, plus plat et sur terre battue, nous fait traverser un paysage offrant une végétation abondante.  

Au bout de quelques kilomètres, un arrêt s’impose à la mine de Capelton, un site historique et touristique reconnu en Estrie. Depuis 1995, il est possible de visiter les galeries souterraines de l’ancien complexe minier.  Dans les années 1860, en raison de la guerre de Sécession aux États-Unis, son cuivre était en forte demande.  

Le site historique de la mine de Capelton permet de visiter les galeries souterraines de l’ancien complexe minier. Lors de la Guerre de Sécession aux États-Unis, son cuivre était très en demande. Crédit photo : Claude Plante

Une touche de Nouvelle-Angleterre 

Le prochain arrêt fait pénétrer les cyclistes dans un tout autre univers, celui de la Nouvelle-Angleterre. Le campus de l’Université Bishop’s, avec ses bâtiments historiques de briques rouges, a de quoi étonner.  

Fondée en 1843, la petite université anglophone, du secteur Lennoxville à Sherbrooke, était à l’origine un établissement d’enseignement supérieur ainsi qu’un centre de formation consacré au clergé anglican. Aujourd’hui, on y vient d’un peu partout au Canada pour profiter de son ratio enseignant/étudiants parmi les plus avantageux au pays. 

Les sports comme le football, le basketball et le rugby s’y pratiquent sous la bannière mauve distinctive des Gaiters. 

Le campus de l’Université Bishop’s se reconnaît par ses bâtiments historiques de briques rouges. Crédit photo : Claude Plante

Les Grandes-Fourches 

Le tronçon de l’Axe de la Saint-François nous transporte ensuite au cœur de la ville de Sherbrooke. La sixième plus grande municipalité du Québec compte environ 180 000 habitants et habitantes. Son centre-ville attire la population pour ses restaurants, ses boutiques et sa vie nocturne.  

Elle a été fondée au croisement des rivières Magog et Saint-François, permettant ainsi le transport des biens. 

Avant de se jeter dans la Saint-François, la rivière Magog forme un lac dont les berges ont été aménagées pour former un circuit piétonnier et cycliste fort apprécié de la population. Le lac des Nations est le site de plusieurs événements artistiques et communautaires d’envergure. 

C’est notamment à cet endroit que le Marché de la gare attire les Sherbrookois et Sherbrookoises voulant faire des emplettes de fruits et de légumes frais.  

L’Axe de la Magog nous dirigera vers notre point départ en longeant la rivière du même nom. Il faudra encore y mettre les efforts, car le tronçon va se montrer rébarbatif avec de bonnes côtes à affronter, de quoi nous rappeler nos premiers kilomètres de ce périple au cœur de l’Estrie. 

Boucler ce circuit, c’est accepter d’en suer un coup, mais c’est surtout découvrir une Estrie authentique, vallonnée et accueillante. 

La piste cyclable traverse la Base de plein air André-Nadeau, un centre de loisirs où les Sherbrookois et Sherbrookoises y pratiquent plusieurs sports, comme le ski de fond, le soccer et la course à pied. Crédit photo : Claude Plante

Depuis 30 ans, Claude Plante explore les pistes cyclables du Québec et d’ailleurs au Canada. Ses aventures l’ont mené à devenir chroniqueur sous le nom du « Cycliste du dimanche », partageant ses découvertes sur les réseaux sociaux. Journaliste de carrière, il a travaillé à La Tribune de Sherbrooke pendant 30 ans et maintenant, il travaille avec l’équipe de 107,7 Estrie (Cogeco Média), tout en réalisant des mandats de rédaction pour divers organismes. 

Suivez-le sur Facebook : @lecyclistedudimanche 

Saviez-vous que le nom du tronçon, les Grandes-Fourches, vient du nom abénaquis pour désigner l’endroit où les rivières Magog et Saint-François se rencontrent. Pour découvrir encore plus la région, consultez notre carte interactive

Crédit photo principale : Claude Plante